19 novembre 2008

Cent ans de solitude

"Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace."

La première phrase de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez est puissante. Les 400 pages suivantes le sont tout autant : le souffle de l'incipit ne s'eteind à aucun moment. L'auteur colombien invente la vie d'un village, de sa fondation à sa disparition, à travers la destinée d'une famille soumise à une malédiction implacable, celle de l'inceste, qui dégénère peu à peu les enfants du patriarche.

"Bien des années plus tard..." : voilà un début de récit vraiment étonnant, mine de rien. En fait, tout le roman obéit à cette logique : le présent, le passé, le futur sont constamment brouillés, donnant une sensation de chaos époustouflant! Plus rien n'est rationnel ici, c'est la loi de la pulsion qui régne, aussi dramatique soit-elle. De fait, le lecteur est constamment perdu dans ce bordel sans nom : par exemple, il y a une trentaine de personnages, dont une bonne part portent exactement le même nom ! Des morts refont surface, des vivants disparaissent, des frères se marient avec des soeurs... Le style de Marquez est incroyable : on sent la rage de raconter, une rage exubérante et décadente...

" Il avait compris qu'il ne sortirait jamais de cette chambre, car il s'était dit que la cité des miroirs [...] serait rasée [...] à l'instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n'est pas donné sur terre de seconde chance."

Posté par tidroops à 14:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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